Construction de L’oiseau Blanc ou PL8-01

L’automne est bien installée, avec la pluie et le vent, c’est une météo propice à la construction. J’ai passé beaucoup de temps à étudier les types de construction des avions Pierre Levasseur. Maintenant je peux commencer la construction puisqu’il ne me reste que quelques détails à dessiner. Les premières découpes sont les couples de la partie avant du fuselage. Ils sont nombreux car cet avion PL8 est dérivé du PL4.

Le PL4 est un avion biplan monomoteur triplace militaire de reconnaissance utilisé par la Marine de 1927 à 1936, il était embarqué sur le porte-avions Béarn. Le PL4 est équipé d’une crosse pour l’appontage, les ailes inférieures et supérieures se replient vers l’arrière(5,67m au lieu de 14,60m). En cas de problème au dessus de la mer, le pilote pouvait larguer le train d’atterrissage, positionner l’hélice à l’horizontale et amerrir. Le fuselage est étanche et profilé, la flottabilité est augmentée par des caissons profilés de l’emplanture des ailes inférieures, le profil fait 20% d’épaisseur au ras du fuselage. Au niveau des haubans des ailes inférieures, un autre caisson est installé à l’intrados. Il était équipé d’un moteur Lorraine 12Eb à 12 cylindre en W de 450ch ; un moteur relativement fiable pour l’époque. La conception de l’ensemble permettait au trois hommes d’équipage de s’en sortir lors de problèmes.

Charles Nungesser qui visite le salon de l’aéronautique de décembre 1926 est impressionné par les caractéristiques du PL4. Il réfléchit et pense que c’est un avion qui serait capable de traverser l’atlantique Nord d’un trait. De plus, le fait que cet avion permettait le décollage et l’amerrissage le réconforte dans cette décision.  Il rencontre Pierre Levasseur en début d’année de 1927. Il décide de faire équipe avec  François Coli (excellent navigateur, ancien officier de la marine et aviateur durant la Grande Guerre.

La société Pierre Levasseur prend en charge le projet et la société Lorraine participe à la fourniture de 3 moteurs neufs 12 Ed, les deux aviateurs n’étant pas fortunés. L’équipe projet Levasseur désigne l’avion Type 8 ou PL8. Les ailes sont identiques au PL4, elles ne sont pas repliables, l’échancrure de l’aile supérieur au niveau du fuselage pour le mitrailleur et le pliage sur le porte avion est supprimée ce qui augment la surface alaire. Les caissons d’intrados sous les haubans de l’aile inférieure sont supprimés.  Le carburant nécessaire pour la traversée est de 4025l , les réservoirs avec cloisons internes (elles évitent le balancement du carburant) sont disposés pour un centre de gravité correct, le fuselage est plus large et surtout plus haut que le PL4 ce qui permet de disposer les 2 aviateurs presque cote à cote en arrière des réservoirs. Les roues de train d’atterrissage sont plus grandes et plus grosses ; il sera largué après le décollage de la tentative pour améliorer les performances.

Du 15 avril au 6 mai 1927 les essais sont réalisés par le pilote d’essai Carniaux et parfois accompagné de Carol de la société Lorraine. Parallèlement un moteur Lorraine 12Ed tourne pendant 43 heures dans les conditions de vol sans perte de puissance en consommant 3863 litres d’essence et 54,56 litres d’huile. Le moteur est démonté et est jugé en parfait état. Nungesser et Coli prennent en main l’Oiseau blanc vérifient les performances, elles sont conformes, la vitesse de 195km/h est atteinte, la vitesse de croisière retenue sera 180-185km/h. Le troisième moteur remplace celui des essais, l’avion est prêt pour le raid. Un dernier vol  a lieu le 3 mai.

Coli étudie la météo et décide avec Nungesser de partir le 8 Mai 1927. A 5h21 l’Oiseau blanc est en l’air , 5030kg au décollage du Bourget, le train d’atterrissage est largué au-dessus de Sarcelle. A 6h45 il quitte la France au dessus d’Etretat….

Ce résumé est tiré du livre “Les avions Pierre Levasseur” par Michel Ledet et Lucien Morareau Collection Histoire de l’Aviation N°16 aux Editions LELA PRESSE.

Début de la construction de la partie avant du fuselage :

Oiseau Blanc Fus1

01-DSCF7524
Ensemble des couples.
02-DSCF7522
Quelques heures de dessin
03-DSCF7519
Et quelques heures de programmation  de la fraiseuse à commande numérique.
04-DSCF7518
Assemblage  à blanc, la précision obtenue avec la fraiseuse à commande numérique permet un montage sans colle
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Le couple le plus épais est le support moteur
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La suite du fuselage sera en treillis de baguettes 8x8mm
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A ce stade on se demande si c’est un bateau ou un avion.
08-DSCF7513
Les flancs du fuselage seront en CTP de bouleau de 1mm jusqu’à l’emplacement des pilotes.

A bientôt pour la suite

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4 commentaires pour Construction de L’oiseau Blanc ou PL8-01

  1. Très beau projet que cet avion qui n’est hélas pas aussi connu que le « Spirit of Saint Louis ». Il fallait être de vrais aventuriers et pas être une poule mouillée si tu me permets l’expression car c’est tout de même un peu comme ça qu’ils ont terminé.
    Bon courage pour la suite de cet avion historique.
    Bisous à vous deux !
    Fabrice

  2. salut Alain-Félix
    j’attends avec impatience de voir la suite de cette construction bien passionnante !!!!
    que de détail à en faire chavirer les grands amateurs !
    bon jeudi à toi

  3. Phil dit :

    A quand ce vol et où ? à Terre Neuve ou au Bourget ?

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